L’évidence du vivant
Du geste créatif aux symboles, ces petites découvertes qui transforment notre manière de regarder le monde.
Je découvre à quel point le geste d’écrire — même sur un ordinateur, oui, oui ! — fait pleinement partie du processus créatif. Et pas seulement comme un moyen de raconter des histoires. Écrire, c’est aussi laisser quelque chose prendre forme, se transformer, nous surprendre.
Au fil des mots, des images apparaissent, des liens se tissent, des symboles reviennent sans qu’on les ait vraiment invités. On croit parfois inventer, alors qu’on est peut-être aussi en train de découvrir quelque chose qui attendait simplement de trouver sa forme.
C’est une expérience qui me fascine : créer ne consiste jamais à fabriquer quelque chose à partir de rien. Il arrive aussi que l’on se rende disponible à ce qui émerge, sans savoir à l’avance où cela nous conduira.
Et puis, il y a ces drôles de coïncidences qui me font sourire.
En janvier, je découvrais pour la première fois l’astrologie taoïste. Aujourd’hui, je m’aperçois que certains de mes contes semblent entrer en résonance avec des configurations du Ciel. Parfois, ils prennent même une tonalité qui me paraît prémonitoire.
Et de temps en temps, dans une tache d’encre de Chine, je vois apparaître un cheval au galop. 🐎
Parce qu’apparemment, mon imaginaire a aussi décidé de participer à l’aventure. Et qu’il n’a pas toujours envie de me prévenir avant de débarquer !
Quand les couleurs racontent leur propre histoire
À travers ces contes, je redécouvre également certaines couleurs : le noir, le blanc, le gris, le jaune, l’orange et le rouge.
Elles prennent progressivement leur place dans mon exploration de l’alchimie, comme autant de passages et de transformations.
Vous me direz que ce n’est pas vraiment une surprise. Et vous aurez raison ! Sauf que, pour moi, cette évidence ne s’est véritablement révélée que cette semaine.
C’est aussi ce que j’aime dans le processus créatif : une chose que l’on croit connaître prend parfois un tout autre sens lorsqu’on la rencontre dans sa propre expérience.
Prenez le jaune doré, par exemple.
Il y a quelques mois, une amie m’a offert une magnifique écharpe d’un jaune d’or presque ocre. Une couleur flamboyante, lumineuse, qui m’aurait fait hésiter autrefois.
Je ne pensais pas savoir la porter. Je la trouvais peut-être un peu trop ceci, un peu trop cela… Trop voyante, trop affirmée, trop éloignée de l’image que je me faisais de moi-même.
Eh bien, je me trompais. 😄
Aujourd’hui, je découvre que je peux aimer cette couleur, la porter et la laisser rayonner. Ce qui me semblait autrefois trop éclatant devient une évidence. Comme si j’avais simplement eu besoin de temps pour m’ouvrir à cette lumière.
Regardez donc la photo : cette écharpe, je l’aime !
Et le plus drôle, c’est que le doré occupe aussi une place importante dans de nombreuses représentations bouddhistes, où il peut évoquer la lumière, la sagesse et l’éveil.
Je ne prétends évidemment pas que mon écharpe m’ait conduite à l’éveil. 😂 Ce serait tout de même une sacrée responsabilité pour un accessoire d’hiver !
Mais j’aime cette rencontre entre des univers qui, au premier abord, semblent bien éloignés : une couleur, un vêtement, un symbole et une expérience personnelle.
Et si le plus intéressant n’était pas de chercher à tout prix une signification cachée, mais simplement de remarquer ce qui entre en résonance avec nous ?
Créer, c’est aussi apprendre à regarder autrement
Dans ma pratique artistique, je reviens souvent à cette question : que se passe-t-il lorsque je laisse davantage de place à l’expérience elle-même ?
Lorsque je peins à l’encre de Chine, que j’explore les colorants naturels ou que je compose avec les formes et les matières, je ne sais pas toujours ce qui va apparaître. Une trace peut évoquer un paysage, une tache devenir animale, une forme en appeler une autre.
Il ne s’agit pas nécessairement de trouver une réponse ou de déchiffrer un message, mais d’observer, de ressentir et de laisser les choses se déployer.
Cette disponibilité rejoint ma pratique du zen : revenir au corps, à la respiration et à l’instant présent, pour desserrer un peu l’emprise de nos attentes et de nos habitudes.
Alors, parfois, quelque chose change. Une couleur que l’on ose enfin porter, une forme qui surgit dans l’encre, une histoire qui prend une direction inattendue… Autant de petites découvertes qui nous invitent à regarder autrement ce que nous pensions connaître.
L’alchimie ne se joue peut-être pas uniquement dans les livres, les symboles ou les grands récits. Elle se glisse aussi dans notre manière d’entrer en relation avec la matière, de prêter attention à ce qui nous entoure et de nous laisser toucher par l’expérience.
Créer, c’est parfois simplement cela : respirer, faire un geste, observer ce qui apparaît… puis recommencer.
Sans savoir exactement ce qui va émerger.
Respirer, créer, respirer encore.
Et vous, avez-vous déjà vécu une expérience créative qui vous a révélé quelque chose que vous ne soupçonniez pas ? Une couleur, une forme, une rencontre ou un geste qui a changé votre regard ?
Je serais heureuse de lire vos expériences en commentaire.